Salon du consommer local : les PME sénégalaises en première ligne pour l’industrialisation
Economie

Salon du consommer local : les PME sénégalaises en première ligne pour l’industrialisation

29 avril 2026

La troisième édition du Salon du Consommer local s’est ouverte dans un contexte où la souveraineté économique et l’industrialisation s’imposent comme des priorités stratégiques pour le Sénégal. Autorités publiques, acteurs économiques et promoteurs de PME se sont réunis autour d’un objectif commun : faire du « consommer local » un véritable levier de transformation économique.

Représentant le Secrétaire d’État chargé du développement des PME-PMI, Henri Falcao Vallaud, directeur des PME au ministère de l’Industrie et du Commerce, a rappelé que cette politique s’inscrit pleinement dans la vision Sénégal 2050. « Nous voulons un Sénégal souverain, juste et prospère, mais surtout industrialisé. L’industrialisation est la base du développement, car elle permet de transformer nos ressources localement, de créer de la valeur ajoutée et de générer des emplois sur place », a-t-il souligné.

Pour les autorités, consommer local ne relève pas d’un simple choix citoyen, mais d’un acte économique structurant. « Quand vous achetez un produit importé, vous payez indirectement les salaires des travailleurs d’un autre pays. Le consommer local permet de retenir cette richesse ici », a expliqué le responsable, insistant sur le rôle des PME dans cette dynamique.

Sur le terrain, le potentiel est réel. Les entreprises présentes au salon exposent une gamme variée de produits transformés, souvent à forte valeur ajoutée. Mais malgré cette vitalité, les défis restent nombreux. Accès au financement, difficultés d’accès aux marchés et insuffisance technologique freinent encore l’essor des PME, qui représentent pourtant près de 99 % du tissu économique national.

Dans un contexte marqué par l’ouverture du marché africain à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’enjeu de compétitivité devient central. « Les produits étrangers entreront sans barrières tarifaires. Nos entreprises doivent être prêtes à faire face. Cela passe par le renforcement de la productivité et surtout de la qualité », a insisté Henri Falcao Vallaud, pour qui la qualité des produits sera le principal déterminant de la concurrence.

À l’initiative de ce salon, Fanta Diattili Diallo, présidente de la Team Consommer Local, met en avant l’innovation et la créativité comme marqueurs de cette troisième édition. « L’artisanat est un levier majeur de développement économique. Nous voulons valoriser nos produits, notre savoir-faire et inciter les Sénégalais à consommer local », a-t-elle déclaré.

Au-delà de la vitrine commerciale, le salon se veut un espace de promotion de la souveraineté économique. Transformateurs, restaurateurs, producteurs et artisans y convergent, illustrant la diversité des acteurs engagés dans cette dynamique. « Le consommer local, ce n’est pas seulement l’artisanat, c’est toute une chaîne de valeur qui contribue à l’autosuffisance et à la création de richesse », souligne-t-elle.

Mais pour que cette ambition se concrétise, les contraintes structurelles doivent être levées. « La formalisation, le financement et la formation restent les principaux obstacles. Les PME ont besoin d’un accompagnement plus soutenu pour accéder aux financements et améliorer la qualité de leurs produits », plaide la promotrice.

Malgré ces défis, la dynamique est enclenchée. Soutenu par les autorités et porté par des initiatives privées, le consommer local s’impose progressivement comme un pilier de la stratégie économique du Sénégal. Reste désormais à transformer cet élan en gains durables de compétitivité pour permettre aux PME de s’imposer, aussi bien sur le marché national que sur le marché africain.

Yanda Sow

#MadelnSenegalCenter

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