Le Sénégal entend faire de la coopération régionale un levier majeur pour relever les défis auxquels est confronté le secteur de l’élevage en Afrique de l’Ouest. C’est le message porté lundi à Dakar par le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Cheikh Oumar Ba, lors de la rencontre consacrée à l’adoption de la Déclaration de Dakar du Global Agenda for Sustainable Livestock (GASL).
Réunissant des représentants du Sénégal, de la Gambie et de la Guinée-Bissau, la rencontre a mis en avant la nécessité d’une action concertée pour promouvoir des systèmes d’élevage plus résilients, productifs et respectueux de l’environnement.
Pour le ministre, les enjeux liés au pastoralisme et à l’élevage dépassent désormais les frontières nationales. Face aux effets du changement climatique, à la pression sur les ressources naturelles et aux défis de la sécurité alimentaire, les pays de la sous-région ont tout intérêt à mutualiser leurs expériences et à coordonner leurs interventions.
Adoptée à l’issue de la 14e réunion multipartite du Programme mondial pour un élevage durable, la Déclaration de Dakar ambitionne d’orienter les politiques publiques vers une meilleure prise en compte des impératifs environnementaux et climatiques dans le développement des filières animales.
Cheikh Oumar Ba a rappelé que l’élevage constitue un pilier essentiel des stratégies de développement économique et social de nombreux pays ouest-africains. Au Sénégal, a-t-il souligné, les autorités ont engagé plusieurs réformes destinées à moderniser le secteur, notamment à travers le renforcement de la santé animale, l’amélioration des races, la sécurisation de l’alimentation du bétail, la valorisation des produits d’origine animale et une gestion plus durable des espaces pastoraux.
La rencontre a également été l’occasion de mettre en lumière le rôle central de l’élevage dans les économies de la région. Intervenant au nom du système des Nations unies au Sénégal, la coordonnatrice résidente Aminata Maiga a rappelé que cette activité représente bien plus qu’une simple source de revenus pour des millions de ménages. Elle contribue également à la sécurité alimentaire, à la nutrition, à l’emploi et à la stabilité sociale dans de nombreux territoires du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.
Selon elle, les ambitions portées par la Vision Sénégal 2050 offrent un cadre propice à la transformation durable des systèmes de production agricole et pastorale. Elle a réaffirmé l’engagement des agences des Nations unies à accompagner le Sénégal dans cette dynamique, notamment dans les domaines de l’agriculture, du climat, de l’environnement, de la nutrition et du financement du développement.
À travers la Déclaration de Dakar, les participants ont ainsi réaffirmé leur volonté de promouvoir une approche intégrée de l’élevage, conciliant performance économique, préservation des ressources naturelles et résilience des communautés face aux changements climatiques.
Y.S
