Depuis que la Senelec a publié un communiqué alertant sur d'éventuelles interruptions de service liées à l'indisponibilité de certains de ses moyens de production, la situation sur le terrain est déjà bien réelle. Au quartier de la Médina, les coupures se succèdent à un rythme qui n'a plus rien d'exceptionnel.
C’est dans la cour de sa maison familiale qu’Asta Fall, quinquagénaire et mère de famille, vit ces délestages comme une menace permanente sur son foyer. Les absences prolongées d'électricité, parfois survenant en son absence, mettent en danger ses appareils électroménagers, durement acquis. « Avant-hier, on est restés des heures sans électricité. Et malheureusement, cela arrive souvent quand on n'est pas à la maison »
À quelques rues de là, c'est une autre réalité économique qui se joue. Dans son atelier de couture, Mouhamed Ba regarde ses machines à l'arrêt et ses fils en suspens. Chaque coupure signifie des commandes en retard, des clients mécontents, et un manque à gagner difficile à rattraper.
« On aurait aimé qu'il n'y ait pas de coupures. Cela nous retarde dans notre travail et les clients ne sont pas compréhensifs, car ils pensent que c'est de notre faute. »
Au-delà des dommages matériels et économiques, une troisième préoccupation s'impose, celle de la sécurité. Abdou Salam Camara trentenaire, tient son enfant dans les bras. Il évoque sans détour la peur qui s'installe dès que les lumières s'éteignent dans les ruelles du quartier.
« On a peur après les coupures. Il y a une insécurité grandissante, avec des pickpockets qui profitent de la situation. »
Entre appareils en surchauffe, ateliers paralysés et rues plongées dans l'obscurité, le quartier de la Médina supporte au quotidien cette situation qui les dépasse. Si la Senelec invoque des contraintes techniques, les habitants eux, attendent des réponses concrètes et des solutions urgentes de la part des autorités compétentes.
G.S
