BCEAO : l’UMOA maintient sa résilience malgré les tensions géopolitiques mondiales
Economie

BCEAO : l’UMOA maintient sa résilience malgré les tensions géopolitiques mondiales

10 juin 2026

Dakar, 10 juin 2026 – Réuni en session ordinaire à Dakar, le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a examiné l’évolution de la conjoncture économique dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes liées aux tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient.

 Dans son allocution d’ouverture, le gouverneur de la BCEAO a souligné que la persistance du conflit dans cette région continue de peser sur l’économie mondiale à travers la hausse des prix de l’énergie et les perturbations des chaînes d’approvisionnement provoquées par la fermeture du détroit d’Ormuz.

Ces tensions ont conduit le Fonds monétaire international (FMI) à revoir à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour 2026, désormais estimée à 3,1 %, contre 3,4 % en 2025. Dans le même temps, l’inflation mondiale est attendue à 4,4 %, un niveau supérieur aux prévisions initiales.

 Malgré cet environnement international difficile, les économies de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UMOA) affichent une certaine résilience. La croissance économique de l’Union s’est établie à 6,1 % au premier trimestre 2026, après 6,5 % au trimestre précédent. Selon la BCEAO, cette performance traduit la capacité des États membres à maintenir leur dynamique économique malgré les chocs extérieurs.

 Sur le front des prix, l’inflation demeure sous contrôle. Le taux d’inflation est ressorti à -0,2 % au premier trimestre 2026, après -0,8 % trois mois auparavant. Toutefois, la Banque centrale avertit que les répercussions de la crise au Moyen-Orient pourraient entraîner une remontée progressive des prix au cours des prochains mois.

 Les finances publiques de l’Union continuent également de s’améliorer. Le déficit budgétaire global s’est réduit à 4,1 % du PIB au premier trimestre 2026 contre 4,3 % un an plus tôt, traduisant la poursuite des efforts de consolidation budgétaire engagés par les États membres.

 La BCEAO note par ailleurs une amélioration de la situation extérieure de l’Union, soutenue notamment par la progression des exportations d’hydrocarbures et d’or ainsi que par la mobilisation de ressources extérieures. Néanmoins, les perspectives restent tributaires de l’évolution des tensions géopolitiques et de leurs effets sur les échanges internationaux.

 Sur le marché monétaire, les conditions de financement se sont assouplies grâce à une meilleure liquidité bancaire et à la récente baisse des taux directeurs de la Banque centrale. Le taux d’intérêt à une semaine sur le marché interbancaire s’est établi à 4,26 %, en recul de 68 points de base.

 Au cours de cette session, les membres du Comité de politique monétaire devaient examiner le rapport sur la politique monétaire dans l’UMOA ainsi que plusieurs dossiers relatifs au système bancaire, au rapatriement des recettes d’exportation et à la situation du crédit dans les États membres.

 Face à un environnement mondial de plus en plus incertain, la BCEAO devra ainsi trouver le juste équilibre entre le soutien à la croissance économique et la préservation de la stabilité des prix dans l’espace communautaire.

Y.S

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